Qui était René Dubos ?

Qui, en France, sait que René Dubos fut le premier à avoir découvert un antibiotique ?

Probablement pas ceux qui ont recours à la Solutricine© dont Dubos a breveté le principe antibiotique actif le 5 janvier 1940.

Qui se souvient qu’il a préparé la première conférence des Nations-Unies sur l’environnement en 1972 ? Peu de monde, sinon ses compagnons, ses héritiers qui se sont engagés à sa suite, à Rio en 1992, puis au cours des conférences qui ont suivi.

Le prix Nobel lui a échappé, le laissant dans la pénombre de noms désormais plus connus : l’histoire n’est pas toujours juste avec ceux qui en marquent pourtant les étapes les plus nobles. Jeune ingénieur agronome français parti travailler aux USA au milieu des années1920, il s’intéressa aux capacités d’adaptation du vivant et à la manière de les solliciter. Puis, sans être médecin, il dirigea le service des maladies pulmonaires de l’hôpital Rockefeller, à Manhattan. Amoureux de cette ville singulière, il n’en dénonça pas moins les dangers pour la santé des humains, finalement trop tolérants aux agressions de leurs milieux de vie.

Il élargit encore la sphère de ses analyses et inventa la célèbre formule : «Penser globalement, agir localement».

Penser et agir, parce que le futur sera ce que nous en ferons, sans refuser pour autant d’aimer le monde tel qu’il est et tel qu’il        sera : tel fut l’esprit qui anima le travail, la réflexion et l’engagement de celui qui se présentait lui-même comme un optimiste désespéré.

Jacques Arnould, Chargé des questions éthiques au Centre national d’études spatiales, auteur de Choisir l’humain, courtiser la Terre, À l’école de René Dubos (2011).


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